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L’artisanat en fête au Palais de l’Artisan : Opération sauvetage pour des métiers en voie de disparition

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Le patrimoine artisanal tunisien dans toute sa splendeur ressuscité par la volonté de Siwar Ben Cheikh Béji. Le sefsari, lahfa emblématique des tunisoises, métamorphosée en une cape et tenue de cérémonie brodée de fil d’or : une splendeur comme robe de mariée ! Le sefsari n’est plus destiné tout juste à voiler les corps des femmes. Aujourd’hui, on en confectionne des ponchos, des burnous, des gilets et on en couvre même des meubles

Les broderies andalouses de Rafraf, Ras El Jebel et Ghar El Melh, de Hammamet et passant par celles d’Essarrajine sont à l’honneur ornent robes, tenues de jour, capes et tenues de plages. Broderies rarissimes vouées à l’oubli si ce n’est le souci de préserver un héritage vestimentaire aujourd’hui millénaire. Des tissus peints pour confectionner des Djebba et des couffins agrémentés de « hramet ».

Siwar Ben Cheikh Béji n’y est pas allée de main morte, elle a puisé sa matière dans les tissages de nos ancêtres « hramet » (tissages traditionnels en soie) de Mahdia, Gabes, Jerba, Jarjis, Douiret et bien entendu Tunis.

Un défilé pour crier haut et fort l’artisanat national et ses richesses a été organisé dans la soirée du jeudi 30 juin.  «Pour moi l’artisanat est l’expression la plus affirmée de l’identité nationale. La Tunisie est très spéciale parce dans chaque délégation, dans chaque village, vous trouvez des genres différents que nous devons sauver parce que chaque jour que Dieu fait, nous perdons ce savoir-faire millénaire.  Redynamiser un secteur en détresse et de le remettre aux devants de la scène socioéconomique est mon but ultime et je voudrais qu’une organisation aussi importante que l’UTICA et que des institutions comme l’ONAT, l’Institut National du Patrimoine et leurs ministères de tutelle s’investissent dans une opération de sauvetage d’un héritage artisanal d’une richesse inouïe mais que nous perdons à vue d’œil ». Soit un appel du cœur pour sauvegarder l’artisanat, âme d’une culture ancestrale et symbole d’une civilisation d’une richesse inouïe.

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Le défilé organisé par le Palais de l’Artisan, a raconté à sa manière l’héritage artisanal de notre tunisien remis à l’ère du temps. Cela correspond à la célèbre maxime : « Rien ne se perd, tout se transforme ».  « Je ne me suis pas limitée à la création de tenues d’apparat ou de ville dénuées de toute appartenance et de toute personnalité. Les tenues ont une portée emblématique, elles illustrent une identité et une posture. La pureté et la simplicité vestimentaire qui les distinguent ne sont nullement contradictoires avec la complexité des motifs fleuris, géométriques, ou la broderie de l’ambre appliquées sur des étoffes nobles et dans lesquels les artisanes héritières d’une longue lignée de brodeuses mettent tout leur art et leur amour », indique la créatrice.

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La soirée a vu la présence de Ouided Bouchammaoui, présidente de l’UTICA et de la DG de l’Artisanat a également été de la partie sans oublier les férus de l’artisanat et de l’original.

Siwar Ben Cheikh tient à ce que le vivre et le consommer tunisiens deviennent une règle pour nous autres en nous rappelant que notre qualité de vie dépends du cadre où nous évoluons et que les repères identitaires ne se traduisent pas en un retour en arrière. Elle a mis ses touches en concevant lignes vestimentaires, accessoires et meubles. C’est la modernité sur fond artisanal dans une collection variée et riche à plusieurs dimensions.

« C’est chez ceux qu’on appelle les artistes que l’art se rencontre le plus rarement alors que les artisans se révèlent bien plus souvent artistes. Alors pourquoi ne point faire faire des choses artistiques par des artisans ou plutôt recruter des artistes dans les milieux qui n’en donnent pas mais seulement des artisans » pensait Gaston Chaissac le célèbre peintre français.

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Sa pensée corresponds parfaitement au profil Siwar Ben Cheikh Béji, elle était artiste peintre, elle est devenue aujourd’hui, l’une des plus ferventes défenderesses de l’artisanat tunisien.

A.BA.

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