Notre confrère, Taïeb Moalla, a interviewé pour le compte du journal belge “Le soir”, notre Rached Ghannouchi national. A baya, nous avons voulu partager avec vous quelques morceaux choisis, dans le genre “on peut faire la grève de la faim mais pas en mourir” ou “il faut conseiller à l’État tunisien d’arrêter la vente d’alcool”.

Deux salafistes sont récemment décédés en prison après plus de 50 jours d’une grève de la faim. Vous avez déclaré qu’ils avaient commis un «péché» …

J’ai moi-même observé une grève de la faim. Si son but est d’attirer l’attention, elle est permise. Elle est illicite si elle amène à la mort. La punition du suicide est très grave en Islam…

On vous accuse souvent de laxisme envers la composante violente du mouvement salafiste…
Ceux qui disent cela veulent une guerre sans merci, du type de celles menées par Ben Ali, contre les salafistes. L’incitation est nourrie par ceux qui essayent de provoquer une guerre civile. Les salafistes sont le produit des politiques de Bourguiba et de Ben Ali. La fausse modernité tunisienne a fait perdre au pays son rôle de référence islamique.

Lors d’un récent prêche du vendredi, vous avez appelé vos partisans à boycotter les marchands qui vendent de l’alcool. Vous leur avez également suggéré de «conseiller» auxdits commerçants de renoncer à leur vente. Est-ce une incitation à la violence ?
Il y a un hadith (parole du prophète Mahomet) selon lequel «celui d’entre vous qui voit un mal qui se pratique, qu’il le change par sa main. S’il est incapable, avec sa langue, qu’il déteste cela par son cœur». Le rôle de «la main» revient à l’État mais on peut conseiller au commerçant de craindre Dieu, lui rappeler que l’alcool est mauvais pour la santé et que c’est haram (illicite)…

La vente de l’alcool est un monopole de l’État tunisien. Faudrait-il «conseiller» à l’État d’arrêter ce commerce ?

On peut le lui conseiller. On peut faire pression sur l’État, mais on ne peut pas incendier des usines, par exemple. Ce serait le chaos. Comme citoyen, je ne suis pas favorable à la consommation de l’alcool. Mais pour transformer cela en décision politique, il faut que ça passe par un débat de société. L’opinion publique doit en être convaincue…

A la fin de l’interview, le leader politico-religieux, avec un air de grand-père attentionné et bienveillant ne manque pas de me demander  : «Dis-moi mon fils, fais-tu tes prières?».

Pour lire le reste de l’interview: Le soir


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