La galette des rois a fait depuis quelques années une apparition sur les étals de nos pâtisseries ou de nos grandes surfaces. De quoi être choqué pensez-vous ? Rien à voir avec notre culture et nos traditions ? Et bien pas si sûr, voyez plutôt…

 La fête des rois ou épiphanie remonte à l’Antiquité. Chez les Grecs, cela correspondait à l’apparition de Dionysos ; lié aux saisons, ce dieu annonçait le retour de la lumière… En clair, ce culte païen des Saturnales célébrait le début du solstice d’hiver. Chez les Romains, pendant les Saturnales, un roi était désigné parmi les jeunes soldats. L’élu pouvait commander tout ce qu’il voulait à manger pendant une journée.

Avec l’arrivée du christianisme, l’épiphanie remplace le culte païen des Saturnales. Epiphanie veut dire « manifestation » en grec, faisant référence à la naissance de Jésus.

Tandis que la date du 25 décembre se propage alors en Orient, entre 380 et 430, celle du 6 janvier (ou plutôt du deuxième dimanche après Noël), correspondant à la présentation de Jésus aux rois mages, Gaspard, Balthazar et Melchior, fixe définitivement la fête  des rois. Ce n’est que vers le XVIème siècle qu’une fève, cachée au cœur de la galette, symbole et vestige du culte solaire des Saturnales, permet de couronner le roi du jour. Autrefois, la fève n’était qu’un simple haricot pour les plus pauvres, une pièce de monnaie pour les autres. Aujourd’hui et depuis la fin du 19ème siècle, cette fève a pris la forme d’une petite figurine en céramique.

Finalement cette vieille tradition constitue une belle occasion de se réunir en famille ou entre amis, histoire de déguster un bon gâteau et de s’amuser. En France, on place le plus jeune convive sous la table afin qu’il désigne sans la voir à qui revient chacune des parts coupées. Celui qui trouve la fève est déclaré le roi ou la reine du jour, il revêt alors la couronne et se choisit un roi ou une reine pour arborer la deuxième couronne.

Pendant tout le mois de janvier, on déguste donc la galette, car celui qui trouve la fève est chargé d’acheter ou de confectionner à son tour le fameux gâteau.

Notre pays, ouvert aux cultures et aux influences depuis des millénaires, semble avoir adopté la coutume… alors pourquoi ne pas laisser tomber les préjugés et oser goûter la galette des rois.

La recette classique est celle d’une pâte feuilletée agrémentée de frangipane, c’est-à-dire d’une crème d’amande, que l’on déguste tiède ou froide. A Tunis, on en trouve désormais dans les grandes surfaces et certaines boulangeries.

Et pour toutes celles qui habitent loin de la capitale, nous vous proposons une recette facile à réaliser. Pour la couronne en papier facultative, je suis sûre que vos enfants se feront un plaisir de la dessiner et de la découper dans du carton doré… cela pourrait même les occuper le temps d’un mercredi après midi. Quant à la fève, rien ne vous empêche de glisser une petite khomsa en céramique, ou un poisson, histoire «khomsa ou khemis alikom» de vous porter la baraka.

 Bon appétit !

Couronne des rois au sucre perlé

Durée: Temps de préparation : 45mn | Temps de cuisson : 15mn | Temps de repos : 2h

Les ingrédients pour 6 personnes :

• 500g Farine de blé

• 10 g Sel fin

• 70 g Sucre semoule

• 5 œufs

• 1 jaune d’œuf pour la dorure

• 20g de levure de boulanger

• 250g de beurre

• 2,5cl d’eau

• 30g Sucre perlé (magasins de fournitures pour pâtisserie)

• 5cl d’eau de fleur d’oranger

Préparation :

Mélanger la levure émiettée avec l’eau tiède (environ 45 °C).
Mettre dans un saladier la farine, le sel, le sucre et la levure diluée. Malaxer le tout à la main et ajouter les oeufs
un à un. Mettre ce mélange dans le bol du batteur et travailler la pâte pendant 5 min avec la « feuille », puis
ajouter le beurre pommade et l’eau de fleur d’oranger. Pétrir de nouveau pendant 5 min (il faut que la pâte soit
souple et se détache facilement des bords du bol du batteur). Filmer et laisser reposer 1 h au frais.

Préchauffer le four à 220 °C.
Former une couronne avec la pâte sur la plaque à pâtisserie, introduire la fève. La couvrir d’un torchon propre et
la laisser pousser sur une plaque farinée, à température ambiante, jusqu’à ce qu’elle double de volume.
Dans un bol, mélanger 1 jaune d’oeuf avec 1 cuillère à soupe d’eau.
Quand la pâte est bien levée, dorer la brioche avec le jaune d’oeuf battu, la saupoudrer de sucre casson.
Enfourner, puis baisser le four à 180°C et la cuire pendant 30 min.
Laisser refroidir sur une grille.

Charlotte Carli


LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here