L’artisanat du cuivre étamé est arrivé tout d’abord à Kairouan, importé par les turcs. Cette technique ancestrale de fabrication des récipients et ustensiles en cuivre repose surtout sur l’art de marteler. Chaque martelage nécessite un type de marteau de calibre différent, correspondant à la taille des objets qu’on va fabriquer.

C’est dans le souk de Kairouan qu’est né le plus grand couscoussier que le monde ait jamais connu. Il est d’ailleurs répertorié dans le Guiness Book. On y a cuit deux tonnes de couscous fin, deux tonnes de légumes variés, 30 moutons et 350 poulets, de quoi nourrir un régiment !

Le cuivre étamé reste encore aujourd’hui, l’un des points majeurs du trousseau de la mariée. En Tunisie, cela consiste en une batterie de cuisine appelée  « tozzina » (douzaine) et qui englobe une large variété de récipients, d’outils et d’ustensiles de cuisine indispensables à une maîtresse de maison accomplie: une « kass’â », une « sinya », un couscoussier avec ses deux éléments « makfoul » et « kiskes » un jeu de casseroles à deux anses « tanjra » , « kerouana » un « tajine », une « flouka » pour les rôtis, « un brik » et « lyén » pour laver les mains, un « halleb » une « zazoua » pour préparer le café arabe, une « taffala » et « tassa » pour le hammam… et même désormais  un seau à glace. Sans oublier la « nhaça », grand chaudron qui sert aussi bien à réchauffer l’eau du bain qu’à préparer le « borghol » ou stocker la « rouzata ».

Le service de cuisine en cuivre étamé dure toute une vie. On le revend facilement et ce, quel que soit son âge car l’usure ne l’atteint pas. Un simple trempage lui donne une nouvelle vie.

L’art du cuivre étamé est légué comme un héritage, il se transmet de père en fils. Chaque artisan a son propre style et cultive sa technique. Aujourd’hui, des créateurs tunisiens lui ont redonné  une seconde vie en concevant des produits plus modernes, adaptés aux nouvelles tendances. Ils ont élevé ce secteur à un rang international tout comme ceux de la poterie et de la chéchia.

Khadija Kilani, appelée la reine du cuivre nous a présenté sa propre lecture de ce précieux legs dans une démarche artistique contemporaine. Elle a métamorphosé le cuivre  en bougeoirs, théières, luminaires, lampes, plateaux, pièces de services et d’autres objets d’art, alliant traditions et modernité.

Chiraz Bouzaien


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