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Aider l’enfant redoublant à repartir du bon pied cette année

Le redoublement d’une classe a certainement un effet démotivant sur l’enfant ou l’ado et peut le mener à renoncer parfois définitivement à la scolarité. Voici comment l’aider à repartir du bon pied.

Identifier les difficultés de l’année passée : Il faut discuter avec ses enseignants, mais aussi avec votre enfant, pour déterminer l’origine de la baisse de ses performances: manque de travail, troubles de la compréhension, période difficile dans la vie familiale (divorce, déménagement…). Il faut aussi savoir quelles sont les matières où il rencontre le plus de difficultés. Ainsi, vous serez bien préparé pour établir ensemble un plan de réussite pour l’année à venir.

Motiver l’enfant : Il faut expliquer à l’enfant que tout être humain est confronté aux échecs à un moment ou à un autre, il ne faut pas que cela devienne un complexe d’infériorité. Aidez-le à comprendre qu’il peut toujours se rattraper ! Dédramatisez la situation et citez en exemple le parcours d’un proche (ou le vôtre) qui aurait redoublé et qui a réussi sa carrière et sa vie par la suite.

Éviter de lui faire de reproches : Les reproches ne sont pas constructifs et n’aident pas à résoudre le problème. Tout ce que vous réussiriez à faire, c’est démotiver l’enfant et le faire sentir encore plus nul. Ne faites pas une fixation sur les notes et renforcez plutôt les activités parascolaires dans lesquelles il pourra s’épanouir. Cela améliorera son estime de soi et il pourra progresser en classe parce qu’il saura dépasser son sentiment d’échec.

Lui montrer le bon côté du redoublement : Un redoublement peut très bien être constructif car il lui permet de rattraper ses lacunes et de revoir sa méthode de raisonnement et d’assimilation. Votre enfant doit comprendre l’utilité de la décision de ses professeurs et ne pas la considérer comme une punition. Redoubler ne doit pas être honteux pour l’enfant, c’est souvent une bonne solution pour la réussite des études!

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Donner un sens aux études : Votre enfant doit comprendre qu’il ne travaille pas pour vous, mais pour lui, afin d’atteindre un but personnel !  Discutez avec lui ses ambitions pour l’avenir et posez-lui des questions directes du genre : «Tu veux être médecin, journaliste, architecte…?». Vous donnerez ainsi un «sens» aux efforts que l’école lui demande de fournir.

Reconnaître ses points forts : Ne vous focalisez pas seulement sur ses mauvais résultats. Encouragez-le en lui montrant que s’il a des bons résultats dans certaines matières, c’est qu’il  est capable certainement de réussir aussi dans toutes les autres à condition qu’il les travaille davantage.

Lui faire bénéficier d’un cadre propice au travail : La bonne attitude réside dans le fait de ne pas l’espionner pour s’assurer qu’il travaille. Accordez-lui un peu d’autonomie et de confiance tout en étant disponible pour répondre à ses questions.

Quand consulter ? Lorsque l’enfant ou l’ado continue à se dévaloriser et qu’il montre une attitude destructive ou de fuite face au travail avec copie blanche aux examens, devoirs maison bâclés ou non faits, discours négatifs sur l’école…il faut impérativement consulter un pédopsychiatre.

Témoignage de Bassem (14 ans) : «Quand j’ai su que j’avais redoublé, j’ai eu honte de faire face au reste de la famille. Tous les cousins et cousines avaient réussi leur année scolaire…sauf moi… Pourtant j’avais bien travaillé! Le problème, c’est que je n’ai jamais pu vraiment rattraper mes lacunes en maths, c’est une matière que je déteste. Le pire c’est de devoir refaire la même classe, je vais m’ennuyer et je serai sans mes copains, avec des plus petits que moi. Mais ce qui m’embête le plus, c’est qu’on va me traiter de redoublant!»

Parents, soyez à l’écoute, l’image de soi est fragile et on se construit durant l’enfance et l’adolescence. Essayez de faire passer ce redoublement avec le plus de douceur possible et puis relativisez! Qui se souvient dix ans plus tard qu’il a redoublé une ou deux classes? L’important c’est de finir les études, la durée est vraiment accessoire, ce n’est pas une course de vitesse!

Sonia Ben Jaballah

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