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Ecoles privées et écoles publiques?

Le système éducatif tunisien était connu dans les années 80 et 90 pour son niveau élevé et ses professeurs stricts, pédagogues et qualifiés. Puis, au fil du temps, nous avons malheureusement constaté des taux de réussite élevés avec un niveau dégradant. Les conséquences ont été catastrophiques pour le pays : accroissement du taux de chômage, des filières sans aucun débouché, et des jeunes maîtrisards se retrouvant à travailler dans des callcenters pour arrondir leur fins de mois et tenter de se faire une place dans la société. Dans ce contexte et aux vues de cette dégradation du niveau scolaire, les jeunes parents inscrivent leurs enfants dans les écoles privées s’ils en ont les moyens, ou tentent tant bien que mal de leur faire suivre dès la 1ère année de base des cours particuliers de soutien scolaire.

Les écoles privées sont-elles réellement meilleures que les écoles publiques ? Avant de tenter de faire les comparaisons, il est primordiale de préciser que quand on parle d’école privée, on entend par là les écoles tunisiennes agréées par l’Etat et non pas les établissements étrangers, telle que l’école Paul Verlaine de La Marsa qui est une institution française.

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Dans le programme scolaire, quelle est la différence entre école publique et école privée ? Aucune, mis à part l’ajout de la langue française qui est enseignée dès la 1ère année avec les livres des éditions françaises (Arc-en-Ciel ou autre), alors que dans l’étatique le français commence en 3ème année. Dans les conditions et le cadre général de l’enseignement, y a-t-il une différence ? Une école privée ayant les moyens nécessaires pour offrir aux élèves de meilleures conditions d’enseignement est certainement plus confortable et plus conviviale qu’une école publique. Chauffage, classe décorée, cantines, tout y est pour l’épanouissement de nos bouts de choux.

Les professeurs sont-ils plus qualifiés dans l’une que dans l’autre ? Dans le privé, ils sont sélectionnés via des concours internes à l’école et selon leurs diplômes. Dans le publique, c’est le fameux CAPES qui a fait tant de bruit après la révolution et les concours du ministère qui font la différence. Dans les 2 cas, la pédagogie n’est pas un critère de sélection. Baya s’est déplacé dans une école privée de la banlieue nord et nous avons rencontré le directeur afin d’effectuer une comparaison plus approfondie, et également quelques parents d’élèves pour prendre leurs avis. Sans entrer dans les détails, nous pouvons en conclure que la différence est de taille entre l’étatique et le privé et la somme faramineuse déboursée par les parents pour leur progéniture.
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Cet argent (qui peut varier entre 600 à 1500 dt par trimestre) ne paye qu’une chose réelle: le confort et la sécurité des enfants. En effet, selon les témoignages de la plupart des parents, les professeurs manquent de pédagogie, les classes sont encombrées, et le contenu des cours est le même.

Conclusion: que ce soit dans l’étatique ou dans le privé, il est nécessaire de remédier à une chose : les maîtres et maîtresses ne doivent plus se diriger vers la filière de l’enseignement pour bénéficier des vacances de l’année, mais pour l’amour de leur travail, et avec les qualification nécessaires dans le domaine de la pédagogie pour faire aimer l’école à nos enfants, les rendre créatifs, ambitieux, et obtenir des diplômes ayant une réelle valeur ajoutée.

Cet article est un clin d’œil au Ministère de l’Education Nationale pour réviser leurs critères de sélection, enseigner la pédagogie avec plus de ferveur et de passion afin d’amener les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences à même de les rendre aptes à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle.

Meryem Ben Nasr

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