Savoir dessiner de belles lettres et les placer dans le bon ordre, ce n’est pas forcément évident pour un enfant. Votre petit écolier a besoin d’entraînement. Et il n’y a rien de plus normal ! Une chose est certaine : acquérir de la dextérité dans le poignet, muscler suffisamment ses petits doigts pour exercer la bonne pression sur le stylo ou la craie, cela demande beaucoup d’entraînement. Il faut lui donner davantage l’occasion de s’exercer à tracer des droites et des boucles, ne serait-ce qu’en dessinant à la maison. Commencez dès qu’il a l’âge de quatre ans par lui faire apprendre à écrire son prénom. Si votre enfant manque de motivation, rassure-vous, certains enfants adorent dessiner et pourtant ils ne semblent pas très pressés de savoir écrire ! Pour eux, c’est trop sérieux, trop tristounet cet alignement de lettres. Pour ne pas l’ennuyer avec l’écriture, il faut penser à l’amuser, le motiver, vous pouvez déguiser l’alphabet en objets, en animal… Ainsi le A se transforme en Tour Eiffel. Le M en deux personne se tenant la main. Le Y en sportif levant les bras en signe de victoire… Et évitez de le faire travaille le week-end ou les soirs, sinon il va assimiler l’écriture à une obligation et il va ainsi crisper son geste.

Variez les supports d’écriture : pour l’aider à progresser, stimulez sa production d’écrits à la maison de manière ludique, terminez les traditionnelles lignes d’écriture dans le cahier quadrillé ! Proposer-lui, par exemple, de repasser sur son pronom que vous avez tracé en pointillé, c’est bien plus amusant ! Et pourquoi limiter sa création au stylo et aux feuilles de papier ? La peinture à doigts, c’est tout aussi bien ! Ainsi que le sable et la semoule extrafine qui font de formidables supports d’entraînement. Et s’il fait des lettres disproportionnées ? C’est normal ! Car écrire en plus grand lui demande moins d’efforts de précision, les gestes sont moins contraignants. Et même si ses traits sont encore tremblotants, si ses courbes manquent d’arrondis, félicitez-le. L’essentiel est qu’il s’exerce avec plaisir. Ne le stressez pas et ne lui mettez pas la pression, car s’il y a un domaine où il ne faut pas chercher à comparer les progrès des enfants, c’est bien celui de l’écriture.

Des lettres dans le bon sens et la bonne place ! Bien dessiner des lettres, c’est une première étape, mais cela ne suffit pas. Encore faut-il les placer dans le bon ordre et cette notion ne s’acquiert pas du jour au lendemain. Certains sont des spécialistes de l’écriture du miroir. Sans leurs doigts, SAMI devient IMAS. Etrange mais assez banal ! A cinq ans, la latéralisation n’est pas toujours claire. Mais, en général, tout rentre vite dans l’ordre vers six ans. Autre grand classique : tourner les lettres dans le mauvais sens. Ainsi le E ou le P ne regardent plus vers la droite mais vers la gauche. Alors, mettez une petite flèche directionnelle sous les lettres qui lui posent problème. Il y aussi les lettres magnétiques à placer sur le réfrigérateur, il pourra s’amuser à les remettre dans le bon ordre. Mais, à cinq ans, n’attendez pas qu’il écrive de manière parfaitement horizontale, c’est encore tôt ! Tant qu’il les aligne dans le bon sens, c’est le principal.

Comment reconnaître un enfant dyslexique ? L’enfant dyslexique commet en effet souvent des erreurs dans la lecture et dans l’écriture en inversant certaines lettres ou syllabes, en confondant certaines lettres qui se ressemblent mais qui sont orientées différemment (le “p” et le “b”) ou en mélangeant des lettres semblables (le “m” et le “n”). De cette façon, il peut se confronter à des difficultés à apprendre des séquences comme les jours de la semaine, les lettres de l’alphabet, les tables d’addition, mais également effectuer des confusions dans l’organisation de l’espace et du temps (droite/gauche, hier/aujourd’hui/demain). D’après les spécialistes, c’est difficile de détecter une dyslexie avant que l’enfant n’ait achevé sa première année primaire, après quoi il pourra effectuer des tests spécifiques permettant une évaluation clinique neuropsychologique et neurophysiologique. Donc, face à une suspicion de dyslexie chez votre enfant n’hésitez surtout pas à consulter des centres spécialisés qui sauront établir un diagnostic précoce. Ainsi, l’enfant pourra bénéficier des programmes spécifiques d’apprentissage qui l’aideront à acquérir les capacités de lecture et d’écriture qui sont celles d’un enfant de son âge.

 Sonia Matoussi


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