Le sexe et l’islam…il est curieux  de constater que rien que la juxtaposition de ces deux mots provoque déjà des réactions quasi épidermiques : quelques uns crient déjà au scandale, « haram », refusant même d’en débattre. Vaste sujet que le sexe qui nous occupe et nous préoccupe depuis l’origine du monde et qui sous-tend tous les textes religieux visant, au fond, à une seule chose : organiser la vie en société. L’islam a, dès son apparition, théorisé la pratique du sexe, continuant ainsi une longue tradition orientale depuis la Chine, l’Egypte, etc. Théorisé, et magnifié,…tellement magnifié que beaucoup ont cru bon de délaisser le plaisir éphémère terrestre pour un après encore plus jouissif… Alors, le sexe en terre d’islam promet-il « mille et une nuits ou mille et une morts » (1) ?

1 – Le Prophète et l’amour : règles fondamentales et pratiques

Dès la Genèse, la question de la sexualité, avec la « faute » commise par Adam et Eve qui révèle la nudité, laisse une empreinte indélébile sur toute la vie humaine… mais, contrairement au christianisme et au judaïsme, la faute est pour une fois partagée, le couple des origines est responsable ensemble de la transgression (S.7-11-25).

L’union des deux sexe créée en toutes choses par Dieu, constitue un acte qui tend vers la perfection puisque vers le retour de l’unicité originelle. Dans sa miséricorde, Dieu considère que l’expulsion de l’Eden et l’obligation donc de vivre une vie terrestre est une punition déjà suffisamment affligeante, pour ne pas y rajouter encore le péché de chair des chrétiens. La jouissance est donc une prescription divine à respecter comme les autres.

Attention, il ne s’agit pas pour autant de copuler à tout va, jouir, certes mais dans un cadre très précis : celui du mariage. Le gai ou gay célibat ainsi que l’onanisme sont en revanche proscrits, la dévotion totale à Dieu, rayhbanniya, aussi.

Mais dans le cadre du mariage, là, les époux peuvent…peuvent et doivent s’adonner au plaisir indépendamment de la procréation. De là à affirmer comme Abdelwaheb Bouhdiba dans son ouvrage « La sexualité en islam » (2) que contraception et avortement sont autorisés, il y a un grand pas ; selon les interprétations, lesquelles constituent le drame et peut-être l’ouverture possible vers un islam réformé, adapté à l’évolution de la société contemporaine, la liberté sexuelle au sein du couple est plus ou moins partielle ou totale.

Le cadre étant posé dès la deuxième sourate « Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l’avance. (S.2 V187-222-223), le Coran est ponctué de versets qui détaillent les droits et les devoirs en matière de sexualité. Tout ou presque y est abordé, les préliminaires, les baisers, les caresses, l’hygiène corporelle si, pratiquée après l’acte, et pourtant conseillée avant, les positions, les « déviances », les sentiments…

« Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. » (S. 30 -21)

Même les états particuliers de la vie des femmes, la grossesse, les règles ne sont pas occultés… et quelle surprise de découvrir que ces états naturels ne provoquaient pas l’éloignement du Prophète. Si l’homme a bien évidemment comme dans la majorité du texte un droit de coercition sur sa (ses) femme(s), il n’en est pas pour autant exempté du devoir de la satisfaire avec douceur ; à plusieurs reprises le message divin engage l’homme à ne pas être égoïste dans l’acte.

Et le Prophète de donner l’exemple…: ” Le meilleur d’entre vous est celui qui se comporte le mieux envers ses femmes, et je suis le meilleur envers mes femmes. (Imam Ghazali)…J’ai aimé de votre monde ici-bas le parfum et les femmes, mais le comble de ma satisfaction réside dans la prière”. (hadith An-Nasâ’î)

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