La psychanalyse, définit le pardon comme étant le pouvoir de prendre en compte les limites de l’autre. Freud affirme, de son coté, que le fait de rechercher le conflit masque une blessure interne enfouie à l’intérieur de soi, et qui mène la personne, inconsciemment, à toujours entrer en conflit avec l’individu responsable de sa souffrance intime. Il conseille d’éviter le piège du couple infernal bourreau-victime ; car cela ne servirait qu’à entretenir davantage cette souffrance et la nourrir. Cependant, savoir pardonner n’est pas inné, ça s’apprend

Qu’est-ce que le pardon ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est le contraire de l’oubli. En oubliant, on enfouit simplement sa blessure bien profond, on joue à l’amnésique, afin d’avancer. Mais la rancœur est toujours là, enfouie tout au fond, et prête à surgir au moindre dérapage de l’autre. Tandis qu’une fois pardonné, l’acte restera ce qu’il a été, il n’est plus faussement banalisé. Le pardon est donc une décision consciente à prendre, avec recul et réflexion.

Pourquoi le pardon est-il nécessaire ?

Le fameux « œil pour œil, dent pour dent », non seulement ne résout rien mais entretient d’avantage la rancune et la souffrance. En fait, si on pardonne, c‘est surtout pour se soulager soi-même du poids de la rancœur et de la haine. C’est donc le plus beau cadeau que l’on puisse s’offrir! Refuser de pardonner,  c’est trainer le passé comme un boulet et garder cette partie de sa vie figée.

Y a-t-il des choses résolument impardonnables ?

L’impardonnable est différent d’une personne à l’autre. Il y a des épouses, par exemple, capables de pardonner l’adultère, et d’autres qui demanderaient le divorce même pour un petit mensonge. Chaque personne a sa propre échelle de valeurs qui lui est propre. Ceci dit, il existe des crimes difficiles à pardonner: la maltraitance infantile, l’inceste, le meurtre…

Comment apprendre à pardonner ?

–   Prendre conscience de son statut de victime : Il faut commencer par reconnaître que l’on a mal. Par exemple, par rapport aux parents, il existe des adultes qui sont dans le déni de la souffrance engendrée par un père ou une mère. Il faut leur faire face et en parler.

–  Écouter les justifications de l’autre : Une explication avec la personne qui vous a causé du tort est nécessaire. L’écouter reconnaître ses torts vous permettra de réévaluer son acte avec du recul.

– Prendre du recul avant de décider de pardonner: Êtes-vous sûr d’être prêt à pardonner? Si vous pardonnez à quelqu’un dans l’espoir de le voir changer, la démarche perdrait tout son sens.

– Une fois que la décision de pardonner est prise, il y a un deuil à faire par rapport à la confiance que l’on a perdue, l’amour que l’on n’a pas reçu, les promesses non tenues…

– Donner un sens à ce qui s’est passé : On a appris des choses, on est plus fort aujourd’hui on reprend le contrôle de notre vie, on n’est plus une victime impuissante.

Sonia Ben Jaballah


4 Commentaires

  1. Une très bonne idée pour article. Le style et l’approche très méthodique ce qui rend son contenu convaincant. C’est quoi le prochain ??

  2. Il y a une phrase celebre qui dit : ” si nous pouvions connaitre toutes les circonstances,nous serions capables de pardonner la plus part des choses”

  3. Bonsoir,

    Je suis en psychothérapie. J’ai énormément souffert dans mon enfance et ma vie d’après. Je me pose la question qui est : pourquoi je devrait pardonner à des gens qui m’ont maltraité et qui continu à mentir et qui ne vous ouvre pas leur coeur pour s’excuser. Parce. que ces gens ne m’aiment pas. Pourquoi attendre l’amour ou espérer? Je n’idéalise plus les gens… Et le mal et fait. J’ai cassé les chaînes de mes souffrances. Je le paye encore. Je revis et j’aime encore plus mes enfants. A un moment donné il faut faire le ménage et reconstruire comme cela à toujours été mais libre de ses choix pour ne plus subir. J’ai des limites!!!! Et ne rien attendre de ce qui n’existe pas.

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