Incongru est le premier mot qui vient pour qualifier la mise en scène… est-ce que l’ajout de danseurs d’un niveau très moyen est un plus pour un défilé ? Soit la collection vaut vraiment le coup d’œil et dans ce cas, le show ne peut que perturber la lecture et l’attention du spectateur, soit elle n’est pas digne d’être tout le centre d’intérêt et dans ce cas, le spectacle genre « fête de fin d’année du club de l’école » est une mauvaise blague dont on se passerait bien.

Pour en revenir à la collection de Salah Barka, notre impression fut plutôt mitigée. Certes, les pantalons inspirés du sarouel et les découpes qui ont fait le succès du styliste étaient là…certes, les tendances revisitées du look ethno-berbère affleuraient en filigrane, avec de belles matières pour les teintes de sable et de bordeaux… En revanche, les différentes pièces de la collection en jersey fond blanc et marguerites bleues dénotaient par rapport à l’ensemble, avec un côté cheap, incohérent face à l’ensemble des modèles présentés. L’ensemble manquait du souffle de la nouveauté et il restait au final une désagréable impression de déjà-vu indiquant que le couturier aurait du mal à se renouveler, à sortir de ce qu’il fait bien, oui, mais, de ce qu’il a déjà fait.

La déclinaison sur les vêtements d’enfants est intéressante mais pas assez aboutie ; quand aux femmes, rien de suffisamment marquant pour déterminer une tendance. A noter cependant, les très beaux bijoux en cuivre qui ont orné les poitrines et les bras des mannequins.

Mais en ce premier jour, je n’étais pas au bout des mauvaises surprises. Outre les habituels désormais retards de trois heures, cette fois pour cause d’une styliste belge ayant raté l’avion (non ce n’est pas une la dernière histoire belge), et d’un autre venant d’un pays du Golfe, qui n’aurait pas obtenu son visa… et là une petite parenthèse sur l’organisation s’impose à nouveau.

Comment se fait-il qu’une styliste censée présenter sa collection à cinq heures de l’après-midi, prenne un avion supposé arrivé juste deux heures avant, sachant tout le temps que nécessitent l’habillage et la préparation des mannequins ??? Et comment se fait-il encore les organisateurs, certainement informé depuis, au minimum le matin même, n’ait pas rebondi en décalant les défilés prévus pour éviter aux spectateurs de longues heures d’attente fastidieuses.

Outre les retards donc, cette journée fut la plus indigne d’une telle manifestation depuis le début de son existence… d’abord parce que le niveau des deux créateurs présentés en cette fin d’après midi étaient très en dessous du minimum requis, ensuite parce les « animations artistiques » qui ont ponctué les deux défilés étaient pour le premier vulgaire, pour le second du niveau d’une kermesse.

Leila Dali Bouricha présenta d’abord sa collection de bijoux et accessoires… sur des fourreaux bustiers tellement courts que, au grand étonnement des spectateurs, les fesses nues des mannequins, jolies certes, mais qui n’avaient pas lieu ici d’être dévoilées, apparaissaient, attirant tous les regards. Cela avait certainement pour effet de détourner le regard des bijoux qui ressemblaient étrangement à une ancienne collection de Rayhana, en beaucoup moins bien, les matières n’étant clairement pas de la même qualité.

Au sentiment du déjà vu se sont ajoutés un mariage de couleurs entre bijoux et accessoires pas du tout réussi et une combinaison entre bijoux ethniques tunisiens et plumes de paon ou de pintade, ce qui a constitué la tendance phare des bijoux fantaisie en Europe pour… L’HIVER dernier ! Pour achever d’estomaquer les professionnels de la mode, une pseudo-danseuse orientale vêtue d’un costume ultra chargé de breloques en plastique, sans aucune grâce ni sensualité, est venue se trémousser pendant de longues minutes sous nos yeux médusés. Si la créatrice a voulu répondre au climat politique ambiant par un surplus de féminité, c’est absolument raté. A vouloir en faire trop, on se discrédite surtout.

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