As de Trèfle, un trio de filles fraichement sorties d’Esmod Tunis, devait clôturer cette journée qui ne marquera pas les annales de la Fashion Week (enfin on l’espère). Comment vous dire ? Il y a là un mystère de la sélection que nous n’avons pas compris… je n’ose vous dire les sourires en coin, les rires retenus des professionnels au premier rang et l’étonnement de voir des robes aussi mal fagotées. Non seulement on ne comprenait pas la direction de la collection qui semblait ne pas en avoir, mais les tissus, on peut le supposer par manque de moyens, étaient de mauvaise qualité et cela se voyait.

Les modèles peu seyants ne valorisaient pas les filles pourtant très jolies… les finitions étaient à pleurer, pas un ourlet digne de ce nom, des pointes, des tissus qui tirent pour cause de tension de machines à coudre…des perles en plastique qui tombent, des doublures qui dépassent, des fils qui pendouillent et comble du comble, des modèles froissés qui auraient eu besoin d’un bon coup de fer à repasser. NON ! Trop c’est Trop ! Malgré le travail, ce premier défilé est raté et on se demande quel intérêt pouvaient bien avoir les organisateurs pour laisser passer un niveau aussi bas ? Comment ces jeunes femmes qui auraient eu tout intérêt à mieux travailler leurs créations, se remettront-elles d’un tel échec? En tous cas, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Heureusement, les deux autres jours verraient le retour du beau, de l’inédit, de l’extra ordinaire…

D’abord avec Rayhana, la vraie, qui nous a offert une collection époustouflante et renouvelée, portée sur la virginité du blanc. Cette saison, Sondes Mahjoub nous a offert des modèles brillant de mille feux, avec une profusion de strass, de pierres de swarovski et un travail sur les pierres remarquable. A noter tout particulièrement une Rayhana composées de pastilles d’argent et de turquoises ainsi qu’un collier de perles mélangées à des strass de couleur taupe et un autre dans les tons du blanc, porté par Faten Ben Mabrouk, en robe de mariée avec une traine, véritable œuvre d’art d’origami tout en transparence et légèreté.

Aucune fausse note, les pochettes étaient assorties aux bijoux. Pour accompagner les modèles un violoniste solo jouait l’adagio d’Albinoni et une danseuse de GRS en tutu, faisait virevolter un ruban rose. Le final, un jeté de pétales de roses, a achevé une présentation marquée par le raffinement et l’élégance.

Arrey Kono, une styliste camerounaise, nous a ensuite proposé un beau travail de volume avec des robes fleurs où les découpes témoignent d’un savoir faire maitrisé, et d’une certaine technique. Les basques tourbillonnent au rythme de couleurs primaires : du blanc, du noir, du bleu électrique, du rouge. On sent clairement un petit côté Issey Myaké à ses débuts… un mélange entre vêtements traditionnels japonais et vêtements occidentaux. Les bustes sont cintrés, tout le volume des robes est donné sur le bas, comme des corolles de Lys ou de tulipes inversées… les plissés soleil forme des jeux de perspective, composés de multiples panneaux, ils laissent entrevoir par des jours indiscrets mais sans impudeur, des millimètres de peau. C’est la femme qui anime le vêtement à chacun de ses pas, littéralement, elle lui donne vie. C’est beau, épuré…la créatrice manie avec dextérité l’art du gansage, comme en témoigne le long fourreau final et la magnifique ceinture kimono rose tyrien.

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