Les  histoires de squat finissent mal en général … mais ce squat là appelé aussi café culturel, ouvert début mai, pourrait bien avoir un avenir plus heureux. D’abord parce qu’il est situé aux Berges du lac et que d’ores et déjà l’ on ne peut pas imaginer dans ce quartier bourge de Tunis, rassemblant désormais toute la modernité et le luxe de la capitale, un bouge infâme. De squat donc, il n’en aura que le nom et l’apparente marginalité, mais pour le reste rassurez-vous, l’endroit est tout ce qu’il y a de plus recommandable.

Ceux qui connaissent les cafés d’étudiants de Saint-Michel et Beaubourg trouveront là un lieu qui leur rappellera des souvenirs. D’ailleurs Karim Ben Sedrine qui a imaginé le lieu reconnaît avoir été largement inspiré par ses voyages et c’est en compagnie de trois autres jeunes garçons « dans le vent » qu’il s’est lancé dans l’aventure.

Le décor des murs, évolutif, est composé d’un patchwork de photos, d’affiches, de cartes postales. Il sera sans cesse différent puisque l’espace accueillera des expositions de photos, de peintures…  ne vous laissez pas tromper par l’apparence hétéroclite du décor, la déco a été particulièrement soignée, les vieilles banquettes de bus ont été recouvertes de vieux blousons en daim, chaque meuble a été chiné et les plateaux des tables confiés à un véritable artiste du calepinage à l’ancienne.

Dans ce Squat on pourra voir débuter les éventuelles futures stars de demain, que ce soit dans l’humour, le théâtre, le slam ou la musique. La toute petite scène (c’est volontaire) équipée pour la musique peut accueillir de 3 à 5 personnes maximum. Cette  scène musicale a pour ambition de devenir un tremplin pour les jeunes artistes inconnus mais aussi pour les plus confirmés ; l’ambiance se veut  acoustique, pas de musique électrique mais de vrais instruments. Une programmation de groupes a déjà été établie mais le Squat réserve des soirées « scène ouverte » pour donner libre cours à la spontanéité et aux surprises. Rien n’est figé et toutes les bonnes idées sont les bienvenues, cela fait penser aux ”caf’conc” (café-concert) parisiens qui ont permis à de nombreux artistes de faire leurs débuts. La page facebook permettra aux fans de cliquer sur leurs artistes préférés mis en ligne afin de les faire programmer.

On peut également lire au Squat en buvant un thé puisqu’on y trouve la presse tunisienne et étrangère et qu’une bibliothèque met des livres à la disposition des clients.

Concernant la restauration, les promesses de l’équipe pourtant dynamique sont pour l’instant restées vaines. Certes on peut consommer pizzas, salades, paninis, crêpes mais la « personnalité originale de la carte » annoncée avec insistance comme un élément d’importance a fondu comme « zebda » au soleil. La carte est le reflet de tout ce que l’on trouve partout ailleurs, ce n’est donc pas pour cela que l’on vous conseillera d’aller y  faire un tour. Mais soyons indulgents, le Squat débute et l’idée du café culturel est toujours intéressante, laissons donc à ses occupants le temps de faire leurs preuves.

Le  Squat, qui, « c’est un comble ! » aura bientôt sa  terrasse et donc pignon sur rue, est ouvert de 8h à 20h, 7 jours sur 7. A découvrir.

Le Squat, Passage du Lac Tana, Les Berges du Lac 1, Tunis. Tel : 71 964 484. Email : Le_Squat@topnet.tn ; www.www.www.facebook.com/lesquatcafe/info.

Florence Pescher

 


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