Son visage reste inconnu mais ses chats sont devenus des stars du web depuis le 14 janvier. Celle qui dessinait depuis toute petite sur les murs, parce que son grand-père la considérait déjà comme une artiste, a imaginé pendant le fameux discours de Ben Ali, un personnage qui se moque de tout et de rien. : Willis from Tunis.

Après 14 janvier, tout s’enchaîne, elle crée un profil sur Facebook et puis les demandes d’amis passent d’une dizaine à 200.

«Le message pendant la période qui a suivi la fuite de Ben Ali, c’était : On a besoin de sourire». Depuis ce moment, Willis le chat n’a cessé de caricaturer la vie politique tunisienne et la période qui a suivi la révolution. Faire sourire, remonter le moral et toucher le maximum de gens, la jeune illustratrice avoue toujours dessiner de manière spontanée au gré des rencontres ou dans son café fétiche à La Marsa.

«Le 14 janvier, c’était des sentiments tellement denses. J’ai encore du mal à en parler. On avait les suppositions, les rumeurs, mais surtout le pressentiment que l’on allait plonger dans l’inconnue la plus totale ». La différence depuis, c’est que Willis s’exprime librement, elle n’a plus peur d’un ennemi invisible qui viendrait censurer ses dessins. Ses thèmes de prédilection? Rien d’imposé, la politique comme la société tunisienne ne sont pas épargnées. Avant le 14, ses dessins décrivaient une société aseptisée par la dictature comme une de ses œuvres intitulée « le pays de la sieste ».

Aujourd’hui, le but est toujours le même « Faire rire et réfléchir ». Un des symboles forts de l’après 14 janvier pour elle a été l’exposition de jeunes artistes qu’elle a inaugurée dans sa galerie d’art avec son mari.

« On avait mis pas mal d’œuvres qui parlaient de la révolution dont une où Ben Ali et sa femme jouaient du pipeau, ou encore un une fresque d’un terrain de foot où Ben Ali était en touche. Quand les gens arrivaient, leur première réaction était de mettre la main devant leur bouche avec un air effrayé, puis après ils riaient se soulagement en se rappelant que ça y est, c’était fini. » Avec beaucoup d’humour et une petite touche de provocation, celle dont la seule limite est le respect de chacun, est devenu malgré elle un des symboles du 14 janvier.

Willis from Tunis a réussi à rassembler autour d’une même idée pendant un an : mieux vaut en rire qu’en pleurer. Quel sera son dessin pour le 14 janvier 2012 ? Rendez-vous sur sa page Facebook.

Yasmine


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