3 – l’islam des interdits

Que s’est-il donc passé pour que l’islam des âmes et des corps épanouis devienne à l’opposé l’islam de la négation des sens ? Comment le message prophétique a-t-il pu être trahi de sorte que l’idéal soit devenu uniquement l’orgasme éternel avec les houris, dans l’au-delà, méprisant, fustigeant les compagnes d’ici bas ?

Déjà du vivant de Mohamed, Omar, Ali et d’autres n’avaient de cesse de faire abonder la prophétie dans le sens de l’oppression…lorsque le gendre du Prophète dit : « La femme tout entière est un mal ; et ce qu’il y a de pire en elle, c’est qu’il s’agit d’un mal nécessaire »… et conseille « de ne pas laisser les femmes aviser librement en quoi que ce soit, sinon elles se mettent à détruire les biens et à désobéir aux volontés du possesseur de ces biens. Fourbes, dépensières, et même vicieuses, sauf les vieilles,  ne sont soustraites aux vices que celles à qui l’âge a fait perdre l’ombre de tout charme…il n’y a pas une seule femme sur toute la terre qui soit loyale à son mari…aussi bien vaut-il mieux émanciper les femmes le moins possible, et, par exemple, ne point leur apprendre à écrire. » (2)

Le message est clair, ce qui dérange est le partage des pouvoirs pas des couches nuptiales. « …le sexe en islam a une histoire politique. Si l’époque abbasside, du IXe au XIIIe siècle, déteste les bigots, ceux-ci relèvent la tête après la chute de Bagdad et sa prise par les Mongols en 1238, alors qu’au XIVe siècle le lugubre Ibn Taymiyya, morigénant les fornicateurs, jette les bases d’une véritable contre-révolution culturelle » démontre Martine Gozlan.

Lugubre mais pas que…comment les courants salafistes, et autres intégristes peuvent-ils se revendiquer d’un homme autant en contradiction avec le Prophète et le texte coranique : le célibat est proscrit pour qui peut entretenir un foyer et lui restera célibataire par choix… la masturbation et l’homosexualité sont interdites et sans les rendre complétement licites, il indiquera les préférer, assortis de quelques bonnes ablutions bien sûr, à l’amour pour une femme qui le répugne puisqu’elle le détourne de l’amour pour Dieu…vision monastique s’il en est.

La nikâh ou mariage légal n’est plus que fornication obsédante qu’il faut à tout prix chasser de son esprit, de sa vue, et du monde…

Pourtant, explique Malek Chebel dans un article du Point, « L’islam met l’accent sur le bonheur profane comme médiation et comme invite au bonheur spirituel. Les opposer, c’est se conduire comme un « analphabète sentimental ».

4 – la guerre du sexe

La  guerre du sexe est déclarée. Désormais deux adversaires s’affrontent : l’islam, champion du sexe, contre l’islam, défenseur de la morale, avec pour arbitre l’occident qui projette sur les participants ses fantasmes, ses peurs, son désir d’imposer la norme.

Le jeu intègre des miroirs qui renvoie des images dérangeantes pour certains, attirantes pour d’autres… les musulmans modérés, lettrés, issus des classes bourgeoises tentent de réhabiliter, plus ou moins consciemment, l’islam érotique à la fois pour se dédouaner du camp des incultes et des barbares et pour répondre ainsi à la demande de l’occident de les intégrer dans leur processus de libéralisation du sexe depuis les années 60.

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