Raoudha se sert de la peinture pour exprimer ses sentiments.

Il y a des gens que l’on rencontre et dont le parcours nous épate. Raoudha Bribech est définitivement de ceux là.

Artiste peintre autodidacte, cette tozeuroise s’est installée dans une maison traditionnelle au coeur de la médina, dans le quartier de Hawoutef. “Je suis tombée amoureuse de ce quartier et de ce style d’architecture avec les briquettes et le bois de palmier.” Elle décide donc il y a dix ans de s’y installer et ouvre, au cœur de cette maison, la galerie Tozart.

Raoudha est une sensible, elle trouve l’inspiration en s’imprégnant de l’air du temps, des lieux et de la vie qui l’entourent.

Au début j’ai commencé par du classique, du figuratif, avec des scènes de la vie quotidienne, des paysages de Tozeur, des paysages urbains, des natures mortes.

De sa maison elle dit aussi aimer l’aspect primitif et le fait “qu’on y sente l’histoire.

Ce côté primitif ressort aujourd’hui dans ses tableaux : “en ce moment je fais plutôt du fauvisme abstrait. Je me suis complètement libérée en allant vers l’abstrait.

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Elle parle de sa ville avec amour et on palpe le lien qui la lie au lieu : “Tozeur est une ville qui a beaucoup de charme. Elle a même une magie qui attire ses enfants et les visiteurs aussi.” C’est cette ambiance qui nourrit son travail et lui confère le calme de ceux qui ont trouvé leur voie. Elle est l’une des rares femmes à avoir investit dans le domaine culturelle en Tunisie. Et elle avoue que, de manière générale, être artiste en Tunisie relève du défi : “il faut du courage pour vivre comme artiste ici. Je me concentre et j’essaie de tenir bon. Je suis têtue de toute façon.”

Après 10 ans dans ces murs Raoudha à l’air heureux. La peinture lui a permis de rencontrer des gens et tisser des liens partout dans le monde. Une peinture dans laquelle elle met tous ses sentiments et dont, on le sent, elle ne peut plus se défaire. “J’y met aussi mes émotions et mes réactions par rapport à ce qui se passe dans la vie.” Dernièrement elle a réalisé une série de tableaux en rapport à la Révolution tunisienne et à exposer à Berlin.

Une de ses grandes fiertés est d’avoir fait des “petites” puisque des filles du sud ont suivie ses pas en se mettant à la peinture et en s’inscrivant aux Beaux-arts, alors même que cet art n’est pas connu dans la région. Une évolution importante car Raoudha explique que “la peinture des femmes a une touche qui se voit, on la reconnaît.” Peut-être parce qu’elles véhiculent d’autre message. Sûrement parce qu’elles perçoivent le monde autrement.

 

S.S.

 


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