Entre angoisse, stupeur, espoir et joie, nous sommes partagés depuis fin 2011, depuis le début de ce mouvement de révolte qui a changé le paysage de la Tunisie nouvelle, la Tunisie sans Zine El Abiddine Ben Ali et sa famille.

Nous étions, comme la plupart des citoyens Tunisiens et ceux du Grand Tunis en particulier, scotchées devant la télé “El Jazeera” devant les images d’horreur dans notre propre pays ! Entre y croire ou vivre dans ses illusions du monde parfait, il était plus facile et reposant de croire à une exagération médiatique ou une erreur quelque part : ceci ne peut exister dans mon pays !

Très vite, le mouvement de révolte a gagné nos cœurs, nos maisons, nos débats. Mais le mouvement était ravageur, rapide et entraînait tout le monde sur son chemin, la musique des coups de feu, le refrain de la foule, la nuit comme le jour clamant la liberté et proclamant l’espoir, l’odeur étouffante mais envoûtante des bombes lacrymogènes, les slogans innovateurs, innocents et éloquents : annonçaient le début d’un nouveau chapitre dans la scène politique tunisienne.

Comme mère, sœur, collègue, amie et membre active, l’angoisse du 14 janvier me torturerait, les yeux égarés cherchant mes bien-aimés dans une foule dispersée par les soldats de l’ombre, tabassait par le fer de mon tortionnaire, les oreilles attentives aux cris assourdissants d’un corps étalé sur la rive de la folie des grandeurs de mon bourreau, mes mains tremblaient au toucher des corps inanimés de nos martyrs.

Et mon cœur de femme ne pouvait résister à une telle ardeur et souffrait de ces années de désespoir, de frustration, de malentendu; il commençait à fredonner la chanson du changement, à chuchoter à tous les mots doux de la dignité, à battre doucement les ailes de l’ambition, de la liberté et a éclater sa joie, les drapeaux de sa victoire : la victoire d’un peuple pacifique, grand comme les montagnes, doux comme la mer et ravageur comme ses vagues.

Le 14 janvier marquait à tout jamais nos vies : il n’y a plus de peur à partir d’aujourd’hui, un slogan made in tunisia est exporté à nos amis : l’Egypte, la Libye, la Chine, le Yémen, la Syrie … et ça ne fait que commence !

Trois mois, le nouveau chapitre de cette pièce, réalisé et vécue par un peuple musulman, ouvert, pacifique, à l’exemple de ces ancêtres dignes et grands, l’histoire de cette odyssée nous dévoile de plus en plus de secrets enfouis, une volonté acharnée et une envie de vivre, de respirer assaillante.

Un nouveau son de cloche retentit, la vérité éclata au grand jour, dissimulée par un voile de mensonges invisibles, et les grands chevaliers sur leurs montures blanches et ornées d’or jadis acquis par la sueur de leurs fronts et les larmes de leurs cœurs, nous promettent de sauver notre révolte, mais leur pas de rapace et leur danse déjantée nous crièreent méfiance.

Attention à certains vautours déguisés en hommes de bien.

Mais mes chers amis, je vous parlerai un autre jour de ces partis politiques sans projets politique mais avec une ambition si grande qu’elle ne peut être que suffisante pour leurs prochains électeurs et je vous apprendrai les derniers cris de la mode de la Tunisie nouvelle.

 Fleur du Sahara


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