Rappelons que la déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes a été adoptée le 20 décembre 1993 et la journée du 25 novembre a été déclarée journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 17 décembre 1999, par l’ONU qui invitent  ainsi les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à  sensibiliser l’opinion au problème.

Le choix de cette date n’est pas anodin puisque c’est en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines qui ont été brutalement assassinées le 25 novembre 1960 sur les ordres de Rafael Trujillo, alors chef d’État.

Sur le plan international:

Malgré ces prises de position par l’ONU, la violence à l’égard des femmes est toujours présente. Au moins une femme sur trois est battue, victime de violence sexuelle ou  maltraitée par un partenaire intime au cours de sa vie. La Banque mondiale va encore plus loin et déclare que les viols et la violence conjugale  viennent avant le cancer ou les accidents de la route dans les cause de décès des femmes entre 15 et 44 ans. D’ailleurs la moitié  des femmes victime d’homicide seraient tuées par leurs compagnons ou ex-compagnons. On estime que dans le monde, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. La violence à l’égard des femmes revêt de nombreuses formes comme l’esclavage, le travail forcé, la prostitution…

En Afrique et au Moyen-Orient, on estime qu’entre 100 à 140 millions de filles et de femmes actuellement vivantes ont subi des mutilations  génitales et que 3 millions de filles par an courent ce risque ..

Dans l’Union Européenne plus de 40 % à 50 % des femmes ont fait état, sous une forme ou une autre, de harcèlement sexuel sur les lieux du travail. Au Malawi, 50 % des écolières interrogées ont indiqué avoir subi un harcèlement sexuel à l′école. En Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux États-Unis, 40 à 70 % des femmes victimes de meurtre ont été tuées par leur partenaire selon l′Organisation mondiale de la santé (OMS). En Colombie, une femme serait tuée par son compagnon ou ex-compagnon tous les six jours. Des centaines de femmes ont été enlevées, violées et tuées à Ciudad Juarez (Mexique) et dans ses alentours, sur une période de 10 ans.

En Asie du Sud-Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient les NU ont relevé des centaines de cas d′infanticide féminin et la négligence systématique des filles est répandue .…

Sur le plan national, la Tunisie :

En Tunisie, la reconnaissance de la violence à l’encontre des femmes en tant que problème grave et la nécessité d’en faire face a été rappelée au sommet de l’État. Selon l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes en Tunisie  de  juin 2012, la violence physique est la violence la plus usuelle avec un taux de 31.7%  suivie par la violence psychologique à 28% tout en précisant que la violence sexuelle et économique occupe les dernières place avec 15.7 % et 7.1%. Un classement qui varie en fonction du statut des femmes : mariées, fiancées et divorcées.

Le rapport démontre que 23,6% des femmes mariées ont subi des violences psychologiques contre 14,2% pour les femmes fiancées et 67,% divorcées. Pour le pourcentage des violences physiques c’est 21,17% pour les femmes mariées, 4,65% pour les femmes fiancées et 59,4%  pour les femmes divorcées. Quand  à la violence sexuelle, 14,58% des femmes mariées affirment avoir était victimes contre 44,8% des femmes divorcées et aucune des femmes fiancées  questionnées n’affirme  avoir été victime d’une violence sexuelle.

Le rapport réalisé par l’Office National de la Famille et de la Population sous la tutelle du Ministre de la santé publique de 2012 stipule que « le partenaire intime est l’auteur de la violence physique dans 47,2% des cas, de la violence psychologique dans 68,5% des cas, de la violence sexuelle dans 78,2% des cas et de la violence économique dans 77,9% des cas ». Pour ce qui est des auteurs de tel actes, «  les membres de la famille sont, quand à eux, désignés comme auteurs dans 43% des cas pour les violences physiques, 22,1% des cas pour les violences économiques et 16,7% des cas pour les violences psychologiques ».

Cette enquête a surtout montré que la violence à l’encontre des femmes en Tunisie se passe dans la sphère intime: conjoint, fiancé, ami…, vient ensuite l’espace familial: père, frère, autres hommes de la famille.

Selon l’office nationale de la famille et de la population et en collaboration avec l’agence espagnole de coopération internationale pour le développement, la fréquence des actes de violence à l’égard des femmes tunisiennes a terriblement augmenté ces 12 derniers mois.

M.S


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