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La libération des 3 Femen est-ce une justice ou de la politique?!

Nous nous posons cette question pour savoir l’essence de nos droits, lois et responsabilités dans ce pays! Dans les lignes qui suivent, nous n’allons débattre ni le contexte ni les idéologies des Femen (s’ils existent), mais juste poser des questions et analyser les faits. Le premier fait: c’est le dénudement en lieu public.

D’après la loi tunisienne, comme beaucoup d’autres pays dans le monde, aux Etats-Unis d’Amérique par exemple, c’est un crime puni, s’il est établi dans des lieux non «spécialisé». La peine peut aller d’une simple amende à une peine de prison ferme. C’est la loi, et en tant que personne civilisée et responsable, nous devons être conformes à nos textes de loi élaborés par des personnes qualifiées, dans le temps. En tant que Tunisienne, je dois respecter la loi en vigueur; de même pour les étrangers qui vivent en Tunisie. Le fait qu’ils ne soient pas de nationalité tunisienne ne les disculpe pas de sanction s’ils commettent un acte illégal et punissable par la loi. Jusqu’ici tout est clair. Maintenant, que nous aimions, approuvions ou désapprouvions cette loi, nous devons la respecter.

Dans le cadre de l’affaire des 3 Femen européennes et de leur libération, il faut admettre qu’elles ont commis un «crime». Notre justice a statué: une peine de prison ferme. Nous n’allons pas critiquer la sentence car elle relève de l’appréciation du juge, une compétence dont le législateur tunisien lui a donné. Les avocats de la défense sont allés devant la Cours d’appel pour obtenir un jugement plus allégé voire un abandon des poursuites sous prétexte que «ces 3 femmes ont exercé leur droit à la liberté d’expression par un moyen “innovant“ que la société tunisienne n’avait pas connu auparavant!». Nous savons aussi que, selon le Code des procédures pénales et judiciaires, les avocats de la défense ont le libre choix d’utiliser tous les arguments et les textes de loi en faveur de leurs clients.

Nous tenons à rappeler aussi et avant d’aller plus loin dans notre analyse, que les faits de dénudement des 3 jeunes femmes ont été prouvés et que les avocats de la défense ne l’ont pas démenti ou rejeté. Dans l’après-midi du mercredi 26 juin 2013, l’affaire des Femen est examinée par la Cour d’appel de Tunis. Le soir, elles sont libérées! Notre est de savoir sur quelle base juridique cela été fait. Nous l’ignorons.

Ceci étant, dans un entretien accordé par le chef du gouvernement au journal belge «Le Soir» lors de sa visite à Bruxelles, Ali Larayedh a déclaré que «si la justice tunisienne ne les relaxe pas, nous devrions les libérer. Le président de la République dispose du droit de grâce dans ses compétences».

Oui monsieur Ali Larayedh, nous avons bien remarqué et supporté cette compétence dont notre président dispose, mais nous n’avons jamais constaté une aussi belle mascarade qui intègre la justice au rôle du premier acteur, du moins depuis le 14 janvier! Si ces jeunes femmes ont été graciées par le président de la République, ceci n’aurait pas suscité notre dégoût et mécontentement comme aujourd’hui, car au final il bénéficie de cette compétence. Ce qui nous dégoûte surtout, c’est de ne pas respecter la loi et de la violer comme bon vous semble sans oublier la dépendance des magistrats au pouvoir. Monsieur le chef du gouvernement, vous auriez dû respecter la loi et donner l’exemple en soutenant l’indépendance de la justice.

Vous auriez pu laisser le président les gracier tout en suivant et appliquant les procédures en la matière ! Mais compte tenu de ce que nous voyons, vous vouliez honorer votre parole quand vous avez déclaré au journal que «cette affaire se clôturera au plus tôt» et ceci en dépit des textes de loi.

Mariem Soualhi

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