Les traditions du mariage juif comme celui du mariage musulman d’ailleurs, diffèrent selon les régions de Tunisie. Pour en savoir plus, nous avons rencontré  Gilles Jacob Lellouche qui nous a guidés dans ce voyage à travers les traditions juives tunisienne.

Le Shidoukh : la première rencontre des futurs mariés

Le shidoukh est une étape primordiale du mariage, c’est la rencontre des futurs mariés, généralement vers l’âge de 18 ans. Elle se passe généralement en familles, parfois en présence d’amis également. Théoriquement, c’est la rencontre qui précède les fiançailles et le mariage. Lors du Shidoukh, le couple passe du temps ensemble pour  mieux se connaître, ensuite, les préparatifs pour les fiançailles démarrent. Il faut savoir qu’il est rare que des familles de deux régions différentes s’unissent.

Les fiançailles après le  Shidoukh 

ketouba= contrat de mariage juif

Traditionnellement, les fiançailles ( الخطبة) dans la communauté juive, se passent en famille. A cette occasion, la future belle mère offre à sa future belle fille un de ses bijoux. Un geste qui en dit beaucoup, en effet, la maman montre  ainsi qu’elle accepte que la jeune fille fasse partie de la famille, à travers, un bijou de famille déjà porté  et qui passe ainsi d’une génération à une autre.

Pendant cette cérémonie, les familles fixent la date du mariage et comme dans toutes les familles tunisiennes discutent la liste des invités, le choix de la salle des fêtes,  de la ville, de la synagogue…

La hénna

La célébration de la henna dans la communauté juive du nord est mixte, les hommes et les femmes fêtent l’évènement ensemble. La future mariée porte le costume traditionnel, généralement rouge. Lors de cette soirée, le futur marié offre à sa promise des produits de beauté et 7 paires de chaussures. Pourquoi  7, tout simplement parce que c’est un chiffre qui dans la Thora est sacré et parce qu’il y a 7 jours dans la semaine. La future mariée, elle, offre à ses amies célibataires des petits cadeaux symboliques. Le couple se fait tatouer à la hénna un petit cercle au creux de la paume. Pour la future mariée,  on y ajoute une pièce d’or , ou un petit bijou afin que cette nouvelle union apporte  la prospérité. Dans la soirée, un dîner à base de poisson est servi ainsi qu’une madfouna et des briks.

Au lendemain de la hénna, c’est le traditionnel hammam, qui à la différence de la tradition arabo-musulmane se fait dans un grand bassin rempli d’eau de pluie ou à défaut d’eau de mer. Ce rituel  a lieu  la veille du jour du mariage. La future mariée plonge toute nue dans cette eau « bénite ».  Les frais de la soirée et du dîner sont supportés par les deux familles.

Le jour J : le mariage religieux

Le mariage religieux se fait dans la synagogue en présence des familles et des amis.

Comme dans la religion musulmane, le mariage dans la religion juive est un acte religieux  d’élévation. Devant l’Éternel et la communauté d’Israël, un homme et une femme acceptent de vivre ensemble dans l’amour et le respect mutuel, et de transmettre à leur descendance les valeurs traditionnelles. Le futur marié entre dans la synagogue accompagné par sa mère, d’après notre ami Gilles Jacob Lellouche : « nous sommes les enfants de notre mère. Les rapports mère fils sont sacrés dans notre culture» ensuite les autres membres de sa famille suivent. La future mariée, elle, est accompagnée par son père jusqu’au” dias” nuptial où se trouve son futur époux et le rabbin qui office.  Ce dernier commence par bénir les futurs époux, ensuite il leur offre du vin. En gros, cela se passe ainsi: «par cet anneau je te prends pour femme ainsi que le veut la loi de MOISE et d’Israël». Ensuite le marié passe l’anneau dans l’index de la main gauche de son épouse, et goûte au vin. Il paraît que dans l’index gauche, il existe un nerf lié directement au cœur: une pratique qui tente de lier le corporel au spirituel. Dans la tradition, il n’y a pas d’échange d’anneaux entre époux et épouse, même si aujourd’hui, certains couples le font.

Ensuite, le mari écrase un verre avec son pied, un geste qui commémore la destruction du temple de Jérusalem, «même dans nos moment de joie, nous tentons de garder en mémoire les moments difficiles, une manière de nous rappeler que la vie continue même après  les moments de malheur». A la fin de la cérémonie, le rabbin donne au couple leur contrat de mariage « Kétouba », un document manuscrit. La célébration du mariage se fait autour d’un dîner animé en musique. Les frais sont aussi pris en charge par les deux familles.

 M.S


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