La journée avait pourtant bien commencé, en ce dernier jour du mois de juin ! De jolies filles, une mer bleu turquoise, une bouffe pas mal et de la bonne musique, tous les clichés étaient là pour passer dignement cette journée sur une plage d’Hammamet. Oui, cette journée avait bien commencé ! Vers 21h, Rim El Benna et moi avons pris le chemin du retour vers Tunis. On devait se voir avec Azyz Amami au centre-ville.

On l’attendait tranquillement dans la voiture, à la sortie de rue de Marseille. Il n’était pas loin de 23h30, l’avenue était encore animée, les gens flânaient encore, se souriaient les uns aux autres. Et puis est arrivée une Isuzu, chargée de flics, au moins une trentaine. Le crissement des pneus a soudain déchiré la beauté et la tranquillité de cette journée. La voiture a pilé juste à côté de la notre et en un éclair, ils se sont tous précipités dehors et ont commencé à taper sur tout ce qui bouge avec matraques et ceinturons. Ils attaquaient même les personnes assises aux terrasses des cafés, coups et insultes pleuvaient : « Rawa7 nik omik », « Rawa7 lé niklik rabik »…Ils étaient déchainés. Des femmes étaient tirées par les cheveux. J’ai vu un homme tomber à terre et ils étaient une dizaine à s’acharner sur lui à coups de pied. Je l’entendais crier. Je voulais faire quelque chose, réagir, filmer la scène mais j’avais peur pour Rim. J’étais responsable de cette fille que j’avais sortie de chez elle. J’avais l’obligation de la ramener saine et sauve.

Ils ont fini par remarquer notre présence.  L’un d’eux est venu de son côté et lui a « gentiment » demandé de descendre : « 7il nayik lbéb w ahbit ». A la limite de l’état de choc, elle a juste dit qu’elle  ne pouvait pas descendre parce qu’elle était encore en robe de plage. « Alors pourquoi viens-tu habillée comme ca, sale pute ? » Et immédiatement, une gifle a suivi. Puis ça a été le cataclysme, un flic a crié qu’on avait de l’alcool dans la voiture et des dizaines d’autres sont arrivés.  Ils se sont mis à chercher partout. Il n’y avait rien mais ils ne se sont pas calmés pour autant. J’ai entendu l’un des flics questionner Rim pendant qu’on me forçait à sortir de la voiture : « c’est qui ce mec ? C’est lui qui te baise ? Sale Pute!»

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