Dicterions chez les grecs, lupanars chez les romains, les maisons closes ont fait leur apparition depuis la nuit des temps. Conçues pour le plaisir des citoyens ou pour «remédier» à certaines pratiques considérées immorales telle que l’homosexualité masculine ou encore pour contrecarrer les viols, cette entreprise s’est développée pour constituer un secteur à part.

Mais, si la prostitution a su s’imposer dans les civilisations en tant qu’entreprise marginale (et non marginalisée), c’est un phénomène sociétal qui a quand même ses travers. Cette pratique scandalise encore de nos jours féministes et défenseurs des hymens nationaux, à l’instar de la ministre des droits de la femme en France, Najat Vallaud-Belkacem, qui milite fermement en faveur de l’abolition de cette «institution».

Ce sujet fait polémique à l’Assemblée nationale : Pour ou contre la position abolitionniste ? Peut-on encore de nos jours se payer une personne pour prendre son pied ou doit-on au contraire revoir les droits fondamentaux des Hommes ? Le problème est posé.

Il est également indispensable de nous interroger sur les motifs d’un tel choix professionnel. Si certaines se trouvent contraintes à intégrer ce secteur, d’autres y voient une certaine forme de liberté quant à la gestion du capital ! (A bon entendeur !)

En Tunisie, ce secteur reste certes mis à l’écart et vu d’un mauvais œil mais nul ne peut contester l’ancrage de cette pratique chez nous depuis déjà l’époque hafside.

Qu’en est-il de cette position abolitionniste chez nous ?  Pour arriver à se prononcer sur la question encore faut-il revenir sur les droits de celles qu’on nomme « filles de joie ». Rappelons les évènements survenus l’été dernier dans certains quartiers où quelques défenseurs de la foi et des bonnes mœurs ont saccagé quelques lupanars au nom de la religion tout en revendiquant ailleurs le droit à quatre femmes.

Pour en apprendre plus sur les maisons closes en Tunisie (origines, lieux)  notamment pendant la période précoloniale, on vous conseille le livre Marginales en terre d’Islam  d’Abdelhamid Larguèche et Dalenda Larguèche paru chez Cérès éditions (1992).  Et sinon pour les cinéphiles, le film de Bertrand Bonello, L’Apollonide- souenirs de la maison close (2011), est assez informatif.

Cyrine


LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here