Le harcèlement sexuel est une réalité en Tunisie et il est encore plus choquant quand cela se passe en milieu scolaire et que les victimes sont mineures. Voici le témoignage de S, 16 ans, élève.

J’ai 16 ans et je suis une lycéenne originaire d’un milieu modeste, dans un petit coin de de Rafraf. Mes parents n’ont pas de formation universitaire. Mon père est un homme simple qui essaye de satisfaire nos besoins du mieux qu’il peut, parfois il y arrive et parfois non ! Ma mère est une femme au foyer qui tente, tant bien que mal, d’aider son mari à gérer le quotidien.

Ma vie a basculé lorsque mon professeur a commencé à avoir des vues sur moi. Au départ je pensais que j’interprétais mal ses phrases, que je me faisais des idées, que j’étais trop méfiante.  Cela a commencé par un regard un peu appuyé par-ci,  une main qui effleure mon épaule par là. Ensuite la main s’est mis à glisser jusqu’à mon dos et parfois plus bas. Certains de nos professeurs nous considèrent comme leurs enfants et ont pour nous des gestes d’affection. Cela ne m’a jamais choqué mais ses gestes à lui avaient un caractère pervers et ressemblaient plus à des attouchements. Je croyais que faire semblant de ne rien comprendre arrangerait les choses,  qu’il finirait par comprendre que je n’étais pas intéressée. Mais ça n’a pas du tout marché !

Je ne suis pas une fille à faire des esclandres, j’ai tout gardé pour moi. Je ne pouvais même pas me confier à mes parents. Je redoutais surtout la réaction de mon père et de mon entourage. Et s’ils ne me croyaient pas? Qu’allaient-ils penser de moi ? Comment  allaient-ils réagir ? J’avais  peur qu’on pense que j’avais allumé mon professeur. J’avais peur que ma famille m’interdise de continuer mes études, et m’enferme à la maison jusqu’à ce qu’on me trouve un mari. Ou qu’ils me croient et aillent agresser mon professeur !

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