Manifestante le jour de la mise en route de l'Assemblée Constituante

C’est parce qu’une femme victime de violence est venue taper à la porte de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates en 1993 que le Centre d’Ecoute et d’Orientation des Femmes Victimes de Violence a vu le jour. “Nous nous sommes dit qu’un besoin devait exister“, explique Meriem Zeghidi, membre du comité directeur de l’association.

Le centre voit le jour, une campagne d’affichage urbain est mise en place. Elle est vite censurée par le gouvernement. “Personne ne veut entendre parler de la violence, personne ne veut l’accepter.” Et ce refus est toujours d’actualité “du fait de l’ancrage patriarcale de la société“, explique-t-elle.

Le problème c’est que les gens ne comprennent pas la question de la violence. C’est quelque chose de variée.” Le Centre prend en charge toutes les formes de violences : physiques, verbales, sexuelles… “La violence s’exerce partout, dans le couple, dans la famille, au travail.” Et comme toutes les femmes du monde, la femme tunisienne n’est pas épargnée. Une violence s’exerce aussi en dehors du couple. “On se rend compte que quand une femme est victime, c’est toute la famille qui est victime.

Pour sortir les femmes de cette situation, le Centre a mis un système en place. L’aide se découpe sur trois niveaux. Il y a d ‘abord des écoutantes solidaires, dont le but est d’écouter les femmes “sans jamais les juger.” Ici c’est la solidarité féminine qui joue à plein. Le deuxième volet de l’aide est juridique. Des avocates et juristes bénévoles expliquent toutes les possibilités aux femmes. La troisième partie est une cellule psychologique qui permet aux femmes d’extérioriser leur expérience.

Tout est basé sur le travail et la présence de bénévoles. Un travail qui sort de l’enceinte de l’association quand une femme va jusqu’au procès. “Nous tenons un discours humaniste lors des procès. Nous faisons appel à la Déclaration universelle des droits de l’homme par exemple, texte que les magistrats n’ont pas l’habitude d’entendre.

Si malgré des années de pressions policières, le Centre a gardé ses portes ouvertes, c’est que les femmes dans le besoin sont nombreuses et qu’elles continuent à venir y trouver refuge. Une femme victime de violence passe la porte du Centre tous les trois jours environ.

Centre d’Ecoute et d’Orientation des Femmes Victimes de Violence Tél: 71 890 011

Sana Sbouai


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