A 26 ans à peine la jeune femme est pleine de force et de conviction.

Quelque chose autour du mètre cinquante, des yeux qui vous regardent bien en face et un visage sérieux. Khadija Ben Saidane est une jeune femme décidée, qui agit pour ses idées et qui sait défendre son point de vue. Pour vous accueillir elle vous lance un “Azul !” en souriant. Khadija parle tamazigh, la langue maternelle des Amazighs.

A l’âge où les jeunes s’amusent, Khadija s’est lancée dans l’activisme pour soutenir une cause qui lui est chère : la sauvegarde de l’identité amazigh.

En avril 2011 l’Association tunisienne de culture amazigh est ouverte. Elle obtient son visa en juillet dernier. Une première du genre.

Amazigh

Khadija est née il y a 26 ans dans une famille originaire de Dwiret : « Je suis tunisienne et amazigh, la question ne se pose pas. »

Les amazighs ce sont les « autochtones d’Afrique du Nord » ce peuple présent depuis toujours. « On nous appelle communément les berbères mais c’est une appellation erronée. Se sont les Grecques qui ont donné ce nom pour désigner ceux qui ne faisaient pas partie de la civilisation grecque. Les Romains et les Arabes ont ensuite repris ce nom. »

L’amazigh c’est « l’homme libre », une signification que l’on retrouve dans le célèbre symbole de la lettre Z : deux demi-cercles inversés et reliés par une ligne. Ce Z est présent sur le drapeau, dont les couleurs ont une signification particulière : le bleu pour la mer, le vert pour la terre et les plaines, le jaune pour le désert.

Ce que Khadija veut protéger plus que tout c’est la langue. Ils seraient environ 100 000 locuteurs en Tunisie et leur nombre diminue chaque année. Et le problème c’est qu’une langue qui meurt conduit à la mort d’une identité.

Activiste

« J’ai eu de la chance de grandir dans une famille qui parle encore tamazigh, alors que beaucoup de familles ne le font pas et du coup les gens ne prennent pas conscience de leur origine. »

Aprés le Bac, Khadija se lance dans des études d’histoire « L’identité amazigh est en danger, elle risque de disparaître. Comme j’étais très consciente de cette problématique j’ai décidé de suivre des études de sciences humaines pour étudier la population amazigh et mieux connaître ses origines. » Parce qu’avant même de défendre ce qu’il reste, il faut comprendre d’où l’on vient.

Avec son Master sur la toponymie dans le sud est de la Tunisie Khadija se lance dans un projet immense. Elle rencontre petit à petit d’autres Amazighs, au Maroc, en Algérie, en Libye. Elle prend part à des congrès et colloques sur la question des minorités. Aujourd’hui elle est en contact avec le monde entier et veut développer de nombreux projets.

Quelque part, à travers ses recherches, la question que pose Khadija est celle de l’identité tunisienne. Et le retour aux sources qu’elle effectue est important pour mieux se poser dans le présent. Parce que l’identité est complexe, mixte et que l’on a trop souvent tendance à la réduire au plus court.

Sana Sbouai



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