Voilà presque une semaine maintenant qu’un nouveau sit-in a pris ses quartiers devant la Chambre des députés du Bardo. Coincées entre les barrières et les grillages de la Chambre, des tentes abritent les sit-inneurs fatigués. Sabra, un brin de fille de 22 ans fait partie du lot. En talons, une main seulement aux ongles vernis de rose, elle court dans tous les sens et donne un coup de main à qui en a besoin.

Les sit-in, elle a l’habitude. Elle a commencé en 2008 alors que les prises électriques du foyer universitaire où elle logeait avaient cessé d’être alimentées. Depuis elle a enrichi son expérience en étant présente du premier au dernier jour de Kasbah 1 et 2. « La dernière nuit de Kasbah 2 il a tellement plu que j’étais trempée de la tête aux pieds. Mais j’avais tellement envie de rester que j’ai résisté au froid ! »

Au Bardo par contre elle ne reste pas la nuit, question de sécurité. Elle se contente de faire des aller-retours matin et soir. « Ici je fais plein de choses : du casse-croûte aux débats politiques avec les passants. Je veux que les gens prennent conscience de ce qui se passe au sein de l’Assemblée Constituante. » Elle murmure, sa voix est cassée à force d’avoir crier des slogans depuis mercredi. Elle est là pour rassembler parce que d’après elle, tous les Tunisiens doivent être unis. “C’est un combat pour l’égalité, pour les droits des Tunisiens, tous les droits pour avoir une vie normale avec un travail, une maison, une famille.” Ses parents savent qu’elle est là et ils la soutiennent. “Ils m’ont juste dit de prendre soin de moi.” Elle le fera sans doute quand le sit-in finira. Pour l’instant elle est trop occupée à prendre soin des autres.

S.S.


1 COMMENTAIRE

Répondre à kahia dali Annuler la réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here