Chaque classe adopte un projet social: orphelinat, centre pour handicapés, lutte contre le cancer, opérations chirurgicales pour les personnes nécessiteuses, achat de matériel scolaire… Les enfants amassent des pièces, vendent des gâteaux, des t-shirts…et c’est leur argent qui finance l’action.

Chaque élève, chaque professeur et chaque parent se sent responsable et essaie d’améliorer à son échelle la vie en Tunisie. C’est pour cela que cette agression me met hors de moi. On apprend à nos enfants à être ouverts, solidaires, généreux et ils se retrouvent en face d’une violence inexplicable pour eux. D’ailleurs des dons (vêtements, ordinateurs, fournitures…) qui étaient destinés au centre d’handicapés de Mghira (village près de Naassen) ont été volés dans ce casse. Il va falloir trouver un moyen d’expliquer aux enfants, surtout les musulmans, que leur religion n’est pas cette violence aveugle et sanguinaire”.

Notre visite s’achève par la salle de musique, désespérément vide. La professeure de musique, en larmes, fait l’inventaire: “faire l’inventaire de ce qui reste est plus rapide que de comptabiliser ce qui manque”. Quand je lui demande si elle pleure parce qu’elle a peur, sa réponse est catégorique: “peur? certainement pas. J’ai vécu sous les bombes mais on avait ici un matériel de qualité qu’il a fallu des années pour récolter.

Il n’y a aucune chance pour que je l’obtienne à nouveau et cela me désespère parce que j’adore enseigner la musique et qu’avec un matériel de qualité, c’est une expérience encore plus gratifiante. Vous imaginez que pour racheter le strict minimum, il faut au moins 40 000 dollars?” Je l’ai laissée continuer tristement l’inventaire de ses cartons vides avec une seule pensée: “Quel gâchis”!

Sonia Bahi Fellah


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