Nadia Chaabane est députée Al Massar (liste de France1) au sein de l’ANC. Connue pour ses coups de gueule autant que pour son activisme sur les réseaux sociaux, elle se démarque avec une liberté de ton et un sens de l’engagement très prononcé. Militante irréductible, issue de l’immigration tunisienne, cette enseignante universitaire spécialisée en sciences du langage nous parle de la création du groupe de femmes parlementaires pour lequel elle a bataillé dur.

L’idée de ce groupe parlementaire semble finalement se concrétiser…

Nadia Chaabane: Nous étions 3 ou 4 parlementaires à avoir eu cette idée en mars dernier mais nos étaient alors calendriers chargés et nous étions toutes un peu débordées. C’est pour ça que cela ne s’est pas fait à ce moment là.

L’affaire du viol a-t-il été l’accélérateur?

Le communiqué sur le viol a été l’accélérateur. Nous étions plus de 40 à signer un communiqué commun. A partir de là, il s’imposait d’aller plus loin et ne plus se contenter de signer des communiqués. Nous voulions engranger une action plus ambitieuse. Au delà d’un groupe parlementaire, il y a la volonté de créer une commission Droits des femmes qui sera valable pour la future vie parlementaire des Tunisiens. Cette commission aura un rôle consultatif. Elle pourrait statuer sur les lois qui ont un impact direct sur la vie des femmes.

Vous pensez à un exemple en particulier?

La réforme de Mohamed Abbou sur la fonction publique et les horaires en est un exemple flagrant. C’est une loi faite à la sauvage. Pareilles lois ont un impact direct sur la vie des femmes, leur organisation du travail et de la gestion familiale. Quand nous parlons de femmes, nous parlons de personnes qui ont des doubles journées à assumer avec des tâches domestiques, une prise en charge de la petite enfance ou des personnes âgées. Il s’agit donc de vérifier si des dispositifs pour les soutenir sont pris en amont. Sont-ils suffisants? Sont-ils adaptés pour faciliter le travail des femmes? Il faut anticiper les dispositifs et non pas les faire après, mettant la femme dans une situation encore plus précaire en les poussant au bricolage. Vous savez, les femmes non plus, n’ont pas du tout envie de perdre leurs acquis.

Source: WMC



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