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Les incidents des les villes du sud-est provoquent des réactions en chaîne

Les incidents survenus ces derniers jours dans les localités frontalières du sud-est, Dhéhiba et Ben Guerdane, et qui ont culminé, dimanche 8 février, par la mort d’un jeune et plusieurs blessés, n’en finissent pas d’alimenter les réactions et commentaires dans les milieux politiques et de la société civile.

Par-delà la diversité des appréciations, tous s’accordent pour dire que la vague de protestations doit trouver au plus vite des solutions, car il y va de la stabilité du pays, dans un contexte régional trouble.

A la question de l’agence TAP de savoir ce qu’ils pensent de ce qui s’est passé, comment faire retomber la tension et surtout si des solutions durables peuvent être apportées aux problèmes épineux qui se posent, chacun des représentants de partis, acteurs de la société civile, parlementaires et militants des droits de l’Homme y est allé de son commentaire.

Si la plupart d’entre eux proposent des solutions immédiates et d’autres à terme pour circonscrire la flambée des protestations, tous s’accordent sur un point essentiel: Dans une zone aussi « sensible », toute tension serait malvenue car il est primordial d’épargner à la Tunisie le contre-coup des violents bouillonnements du paysage libyen limitrophe.

L’avocat et acteur politique et médiatique, Mabrouk Korchid, a pressé la présidence de la République et le gouvernement de prendre des mesures d’urgence pour faire retomber la tension dans les gouvernorats de Médenine et Tataouine. Selon lui, le dossier des zones frontalières «ne doit surtout pas être laissé entre les mains de personnes, fussent-elles des personnalités politiques, des parlementaires ou des acteurs de la société civile, qui entendraient négocier à leur guise avec la partie libyenne».

Ce dossier doit, bien au contraire, «relever du suivi et rester du ressort de la présidence de la République, de la présidence du gouvernement, du ministère des Affaires étrangères et, plus généralement, de l’exécutif», a-t-il dit.

Korchid a préconisé que le Président de la République se rende en personne sur place pour écouter les gens du sud et prendre connaissance de leurs attentes, «eux qui ont le sentiment d’être hors du champ des préoccupations de l’Etat», selon ses dires. «Il est primordial de tenir les promesses électorales qui sont, maintenant, des promesses du pouvoir qui appellent une obligation de résultats», a-t-il ajouté.

Depuis l’élection présidentielle, a rapporté cet avocat originaire d’une région du sud-est, les services libyens à la frontière apposent sur les passeports des voyageurs tunisiens un tampon rouge pour les empêcher de ramener des marchandises via les terminaux de Wazen-Dhéhiba et de Ras Jedir et leur imposent le paiement d’une taxe de sortie d’un montant de 60 dinars, en réaction à la mise en place, côté tunisien, d’une redevance de 30 dinars, « d’où la vague de mécontentement et les heurts ».

De son côté, le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, Abdessattar Ben Moussa, a réitéré son appel en faveur de la création d’une commission d’enquête indépendante qui grouperait des responsables d’un certain nombre de ministères ainsi que des représentants de la population locale, des autorités sécuritaires et de la société civile pour « faire toute la lumière sur les incidents de Dhéhiba ».

Selon lui, des mesures immédiates doivent être prises pour circonscrire la situation dans les régions du sud, mettant en garde contre la tentation de prendre de mesures de circonstance et soulignant la nécessité de remédier aux problèmes de la contrebande par des actions à court terme et d’autres à long terme.

Abdessattar Ben Moussa a, également, préconisé la tenue, dans la région, d’un Conseil ministériel qui serait consacré à l’examen des dossiers des zones frontalières aux plans du développement, de l’équipement et des finances, et ce dans le but d’apporter « des solutions radicales » à des problèmes qui s’accumulent depuis des décennies.

Pour la députée de Nidaa Tounès, Ons Hattab, «le règlement de ce dossier sensible ne peut qu’être multidimensionnel pour s’étendre surtout aux volets économique et social», soulignant la nécessité de «travailler dans un premier temps sur le volet de la restructuration et de la réorganisation de l’économie parallèle et le traitement des causes de la prolifération de ce phénomène».

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